Infirmière libérale rédigeant une ordonnance : prescription infirmière et liste des produits et examens 2026

En résumé. Le 12 juin 2026, la Haute Autorité de santé a publié son avis sur le projet d'arrêté qui doit fixer la liste des produits de santé et des examens que les infirmiers diplômés d'État pourront prescrire ou renouveler. L'avis est favorable, mais assorti de réserves. L'arrêté final est attendu au Journal officiel au plus tard le 30 juin 2026. Voici ce que contient la liste à ce stade, les points que la HAS demande d'ajuster, et ce que cela changera concrètement pour l'exercice IDEL.

De quoi parle cet arrêté

La loi du 27 juin 2025 sur la profession d'infirmier, puis le décret du 24 décembre 2025, ont inscrit dans le droit la consultation infirmière, le diagnostic infirmier et un droit de prescription. Mais ce droit de prescription restait théorique tant qu'un arrêté n'en fixait pas le contenu précis. C'est ce texte qui se prépare aujourd'hui.

Saisie à la mi-mars par la Direction générale de l'offre de soins, la HAS est, avec l'Académie nationale de médecine, l'une des deux instances qui devaient se prononcer sur la pertinence de cette liste avant publication. Son avis, adopté le 11 juin et publié le 12 juin 2026, donne pour la première fois une vue concrète de ce que les infirmiers en soins généraux seront autorisés à prescrire.

Ce que dit le projet de texte

Le projet d'arrêté regroupe d'abord des actes jusqu'ici dispersés dans différents textes de la profession (vaccinations, contraceptifs oraux, dispositifs médicaux, substituts nicotiniques), afin de clarifier le cadre. Il ajoute ensuite les prescriptions liées à l'élargissement des compétences infirmières : santé sexuelle, prise en charge des plaies, sevrage tabagique et gestion de la douleur.

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Que pourront prescrire les infirmiers : la liste des produits et examens

À ce stade du projet, et sous réserve des ajustements demandés par la HAS, la liste couvre six grands domaines.

  • La vaccination. L'arrêté consolide dans un cadre unique les compétences vaccinales déjà reconnues aux infirmiers.
  • Le traitement et la prévention des plaies. Sont ajoutés des produits hémostatiques, le champ stérile et les dispositifs de rapprochement cutané adhésifs pour le traitement, ainsi que les bas, chaussettes et bandes de contention (avec prescription à l'identique de la force de compression), les sprays protecteurs cutanés et certains anesthésiques locaux pour la prévention.
  • La santé sexuelle et reproductive. Renouvellement des contraceptifs oraux, prescription de préservatifs et de contraceptifs d'urgence, et bilans sanguins standardisés de dépistage des pathologies transmissibles (VIH, syphilis, hépatites).
  • Le sevrage tabagique. Prescription de substituts nicotiniques, de radiographies thoraciques standards en cas de signe évocateur d'une pathologie respiratoire, et de bilans sanguins d'évaluation des facteurs de risque cardiovasculaires.
  • Les produits de santé. Antalgiques de palier 1 et dispositifs médicaux : location de cannes et de béquilles, renouvellement de sondes vésicales à demeure, pansements de maintien de cathéter central ou profond.
  • Les examens biologiques et bactériologiques standards, jusqu'ici interdits aux infirmiers : glycémie à jeun, numération formule sanguine, ionogramme sanguin, examen cytobactériologique des urines, créatininémie et HbA1c pour les patients dont le diabète est connu, si l'examen n'a pas été prescrit depuis au moins trois mois.

Les réserves de la HAS sur la prescription infirmière

L'avis est favorable, mais la HAS demande plusieurs ajustements avant publication. Ils ne sont pas anecdotiques : ils peuvent restreindre une partie de la liste ci-dessus dans la version finale.

  • Certains examens réservés aux IPA. La HAS émet des réserves sur la prescription, par les infirmiers en soins généraux, de la numération formule sanguine, du ionogramme sanguin et des bilans d'évaluation des facteurs de risque cardiovasculaires. Son motif : ces professionnels ne sont pas formés à en poser les indications ni à en interpréter les résultats. Elle suggère de réserver ces examens aux infirmiers en pratique avancée.
  • Traçabilité obligatoire. Chaque prescription devrait être portée à la connaissance du patient et du médecin traitant, via le Dossier médical partagé, ou transmise au médecin traitant en l'absence de DMP et avec le consentement du patient.
  • Évaluation clinique préalable. Une évaluation et un raisonnement cliniques devraient précéder toute prescription infirmière.
  • Parcours coordonné. La HAS insiste sur une coopération interprofessionnelle structurée et sur le maintien d'une prise en charge coordonnée par le médecin traitant pour les maladies chroniques.

Ces réserves font débat. Une partie de la profession estime qu'un recours systématique au médecin viderait la réforme de son intérêt, dont l'objectif est précisément de fluidifier les parcours et de réduire des délais inutiles. Le texte final, attendu d'un jour à l'autre, dira quel équilibre a été retenu.

Le point d'honnêteté à retenir

Cet article décrit un projet d'arrêté et l'avis rendu sur ce projet. Tant que l'arrêté n'est pas publié au Journal officiel, aucun de ces droits de prescription n'est exerçable, et la liste peut encore évoluer. La bonne posture est de se préparer, sans rien anticiper dans la pratique : prescrire un produit ou un examen non encore inscrit resterait hors cadre.

Arrêté prescription infirmière : le calendrier d'entrée en vigueur 2026

Le décret du 24 décembre 2025 prévoit une entrée en vigueur le lendemain de la publication de l'arrêté pris pour l'application de l'article L. 4311-1 du code de la santé publique, et au plus tard le 30 juin 2026. L'échéance est donc imminente. La liste détaillée des produits et examens prescriptibles ne sera lisible avec certitude qu'à la parution du texte au Journal officiel, et elle sera réactualisée au moins tous les trois ans.

Ce que ça change concrètement pour l'IDEL

Au-delà de la liste, cette réforme déplace la frontière de l'autonomie infirmière et fait de la prescription un acte de plein exercice, avec les responsabilités qui l'accompagnent.

  • Un périmètre à connaître au mot près. Savoir ce qui est autorisé, à quelle fréquence et avec quelles conditions de renouvellement conditionnera la sécurité de chaque prescription.
  • Un raisonnement clinique tracé. Évaluation préalable, indication, transmission au médecin via le DMP : la prescription suppose une démarche documentée, pas un réflexe.
  • Une responsabilité nouvelle. Prescrire engage l'infirmier. Connaître les critères d'alerte qui imposent d'orienter vers un médecin fait partie de la compétence.
Points de vigilance
  • Attendre la parution de l'arrêté au Journal officiel avant d'exercer un nouveau droit de prescription.
  • Vérifier, à la parution, quels examens ont finalement été retenus pour les infirmiers en soins généraux et lesquels sont réservés aux IPA.
  • Documenter systématiquement l'évaluation clinique et la transmission de la prescription : c'est la contrepartie de l'autonomie.
  • Se référer aux sources officielles (Légifrance, HAS, Ordre national des infirmiers) plutôt qu'aux relais secondaires, sur un sujet qui évolue vite.

Ce qu'il faut retenir

L'avis de la HAS du 12 juin 2026 donne la première vue concrète de ce que les infirmiers pourront prescrire : vaccination, plaies, santé sexuelle, sevrage tabagique, antalgiques de palier 1, dispositifs médicaux et examens biologiques standards. La version définitive dépend de l'arrêté attendu au plus tard le 30 juin 2026, qui tranchera notamment le sort des examens que la HAS souhaite réserver aux IPA. C'est une évolution de fond du métier, à préparer dès maintenant sur le plan des compétences.

Sources : avis de la HAS sur le projet d'arrêté fixant la liste des produits de santé et des examens complémentaires que les infirmiers diplômés d'État sont autorisés à prescrire ou à renouveler (avis n° 2026.0033/AC/SBP du 11 juin 2026, publié le 12 juin 2026) ; Décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d'infirmier (Légifrance) ; Loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 relative à la profession d'infirmier. Cet article est informatif et décrit un projet de texte en cours. Il ne se substitue pas aux textes officiels, qui font foi à leur publication.

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Questions fréquentes

Que pourra prescrire un infirmier en 2026 ?
Selon le projet d'arrêté soumis à la HAS le 12 juin 2026, l'infirmier diplômé d'État pourra prescrire ou renouveler des produits liés à la vaccination, au traitement et à la prévention des plaies (hémostatiques, contention, anesthésiques locaux), à la santé sexuelle (renouvellement de contraceptifs oraux, préservatifs, contraception d'urgence), au sevrage tabagique (substituts nicotiniques), des antalgiques de palier 1, certains dispositifs médicaux et des examens biologiques standards. La liste définitive dépend de l'arrêté publié au Journal officiel.
Les infirmiers pourront-ils prescrire des examens biologiques ?
Le projet prévoit des examens standards comme la glycémie à jeun, l'examen cytobactériologique des urines, la créatininémie et l'HbA1c pour les patients diabétiques connus. La HAS émet toutefois des réserves sur la numération formule sanguine, le ionogramme sanguin et les bilans de facteurs de risque cardiovasculaires, qu'elle propose de réserver aux infirmiers en pratique avancée.
Quand entre en vigueur l'arrêté prescription infirmière ?
Le décret du 24 décembre 2025 fixe l'entrée en vigueur au lendemain de la publication de l'arrêté pris pour l'application de l'article L. 4311-1 du code de la santé publique, et au plus tard le 30 juin 2026. Tant que l'arrêté n'est pas publié au Journal officiel, aucun nouveau droit de prescription n'est exerçable.
La prescription infirmière nécessite-t-elle l'accord du médecin ?
Le droit de prescription s'exerce dans le champ de compétences de l'infirmier, sans prescription médicale préalable pour les produits et examens inscrits sur la liste. La HAS recommande néanmoins une coopération interprofessionnelle structurée, une traçabilité via le Dossier médical partagé et une prise en charge coordonnée par le médecin traitant pour les maladies chroniques.
Faut-il une formation pour exercer la prescription infirmière ?
Oui. La prescription suppose une évaluation et un raisonnement cliniques préalables, la connaissance précise du périmètre autorisé et des critères d'orientation vers un médecin. Une formation continue dédiée, finançable par le DPC ou le FIF-PL sous réserve d'éligibilité, permet de sécuriser cette nouvelle pratique.